::: MAI 2004 :::

Mais que fait le P'tit Ciné quand le projecteur est éteint...

Depuis bientôt neuf années, le P'tit Ciné mène une des seules actions concrètes en faveur du documentaire en Communauté Française, avec la projection d'une quarantaine de films par an, le plus souvent en présence du cinéaste et accompagnés d'un débat ou d'une animation. Nous ne sommes pas une salle, ni un distributeur, mais un passeur de films. Cela peut paraître dérisoire de montrer une fois un film à un public variant de 60 à 300 personnes. Il y parfois des déceptions et des frustrations, surtout celle de ne vous montrer les films qu'une seule fois, mais souvent ces rendez-vous révèlent la magie du cinéma. Et il ne se passe pas un mois sans qu'une association, un centre culturel, un cinéma d'art et d'essai ne fasse appel à nous pour avoir les contacts pour un film et que bien vite une deuxième, troisième projection soit organisée dans d'autres lieux. Mais nous ne nous contentons pas de vous montrer le "meilleur" du moment; nous ouvrons aussi les écrans que l'on nous prête à des oeuvres plus fragiles, des premiers films. Nous sommes en fait le seul espace de diffusion, de découverte et de réflexion permanent sur le cinéma documentaire... Et chaque mois vous êtes plus nombreux à nous demander le programme.

Cette année, nous (vous) avons présenté quelques documentaires sortis en salle en France. C'est le cas d'"Histoire d'un secret", "17 ans", "No Pasaran", "Derrida", "Les Sucriers de Colleville", "De Guerre Lasses", ou le dernier film de Rithy Pahn "S21 la machine de mort Khmère" projeté le mois dernier. Que ceux qui regrettent que ces films ne soient montrés qu'une fois se consolent, certains d'entre eux vont faire l'objet d'une rediffusion pendant plusieurs semaines cet été dans le cadre de l'Ecran Total. La distribution du documentaire en Belgique est une entreprise difficile et risquée. Impossible pour Le P'tit Ciné de s'y lancer seul, nous qui n'avons pas de salle à nous, des subsides culturels largement inadéquats et des forces humaines limitées. En France, il ne se passe plus un mois sans que ne sorte en salle un ou deux documentaires, ou sans qu'ait lieu un événement autour du documentaire, de Bobigny à Tulle en passant par des réseaux de cinéma comme les Utopias, ou des projections en plein air dans les Cévennes. Mais la Belgique n'est pas la France, ni en terme de "marché culturel", ni en terme de presse, ni en terme de politique culturelle et d'équipement en matériel de diffusion numérique léger. Il reste beaucoup à faire...

Notre action ne se limite pas à ces quelques quarante séances. Quand le projecteur s'éteint, le travail redouble. Outre de la programmation pour d'autres événements, nous organisons aussi des tables rondes entre cinéastes, récoltons articles, catalogues, archives audio et autre matière à penser autour du documentaire. Nous essayons de provoquer un réel intérêt de la part de la presse pour le cinéma documentaire. Nos portes et nos armoires sont ouvertes à des jeunes cinéastes qui cherchent des conseils sur la diffusion ou de l'information sur des festivals, à des professeurs, des chercheurs, des étudiants ou au réseau associatif qui cherche à visionner des films, réécouter des débats, trouver de la documentation... Un travail dans l'ombre que nous aimerions concrétiser par la création d'un vrai centre de ressources autour du documentaire qui serait à la fois une plate-forme de réflexion, un lieu de diffusion et d'information et une bibliothèque/ vidéothèque. Il reste tant à faire...

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Un cas d'école
de Leonardo Di Costanzo
France / 2003 / Beta SP / v.o.st-fr / 60 minutes

Dans ce collège de Naples, des professeurs tentent d'enseigner. Pour plusieurs élèves (âgés de 13 à 15 ans), c'est visiblement sans intérêt. Les parents sont impuissants. La directrice rappelle à tous le sens d'une école pour tous. Nous sommes dans la banlieue de Naples. Le ton de la voix monte vite. Les gestes sont larges. Et le sens du théâtre est indiscutable.

"Collège Nino Cortese, périphérie de Naples. Entre langue italienne et dialecte napolitain, entre éducation citoyenne et loi du quartier, l'établissement, comme beaucoup d'autres dans les grandes villes, est un lieu d'affrontement. La directrice a décidé de ne plus recourir aux exclusions comme mesure disciplinaire, car la capacité d'enseigner à tous est la raison d'être de l'école publique". texte d'ouverture du film

"Il ne s'agit pas du énième film sur les enfants de Naples. Il s'agit de montrer les enseignants qui sont au jour le jour en première ligne. Ceux qui se posent des questions, écoutent, et donnent leur maximum dans leur désir d'une école idéale. Et ceux qui se résignent à l'idée que l'égalité des chances n'existe pas et que si quelqu'un échoue, c'est par manque de volonté ou incapacité à réussir. (...) C'est un film pour montrer une école à Naples, dans un environnement où l'éducation n'est pas reconnue comme une valeur, ce qui est peut-être le cas d'autres quartiers à problèmes dans d'autres grandes villes en Occident" Leonardo Di Costanzo

Prix Spécial du Public au Festival de Venise 2003
Mention Prix des Bibliothèques au Cinéma du Réel 2004


Espace Delvaux / mardi 4 mai 2004 à 20:30
Place Keym, Watermael-Boitsfort
Prix : 4,5 - 3,5 (carte senior, - 26 ans) et 1,25 Euros (Art 27)
Réservations : 02/538.17.57 (Le P'tit Ciné)

Réalisation et Son Leonardo Di Costanzo / Image Leonardo Di Costanzo & Mariangela Barbanente / Montage Aurélie Ricard / Production Les Films d'Ici, Fandango, INA

Liens :
- photos : 1


Kint, de l'autre côté
de Olga Baillif
Belgique-Suisse / 2004 / Beta SP / v.o.st.fr / 77 minutes
EN AVANT-PREMIERE

"En 1956, quelques semaines après l'écrasement de l'insurrection populaire par les Soviétiques, ma mère a quitté la Hongrie avec ses parents pour rejoindre la Suisse. Ma mère ne nous a pas appris sa langue et n'a pas beaucoup parlé de sa vie avant son exil. Le passé est devenu silencieux. J'entreprends un double voyage dans la parole familiale et dans la Hongrie d'aujourd'hui. Je récolte les petites choses qui accrochent mon regard et qui résonnent avec cette mémoire. Que se passe-t-il quand on quitte le lieu de ses origines ? Qu'est- ce qui survit à cette rupture, qu'est-ce qui se transforme ?" Olga Baillif

"Au départ, l'inconfort. Celui de ne pas connaître sa propre histoire. Ensuite, la peur de ce qui serait découvert si on pousse la porte, si on se met à poser des questions. Mais bien vite, ce travail de recherche de ses origines familiales deviendra vital pour la cinéaste. Elle pensait récolter une histoire terrible, un drame manichéen, un mythe familial. Au détour des conversations avec ses proches, elle trouvera une identité et des repères. (...) Le voyage de la cinéaste vers la Hongrie est de ce point de vue un aspect magnifique du film. Tout commence dans un jardin désert en plein coeur de la campagne hongroise. Dans les séquences tournées là-bas on a l'impression de découvrir avec elle son pays d'origine pour la première fois. On est à mille lieux de clichés nostalgiques, de projections fantasmées. Ce qui est à l'oeuvre devant nous, c'est un regard au travail, celui de la cinéaste habitée par une histoire qui observe, se familiarise avec les lieux de ses racines, cherche des pistes, négociant constamment sa place dans le paysage, à la recherche du seul endroit possible d'où elle pourra comprendre son identité. Peu à peu, ces paysages vont se peupler et prendre chair à travers ce regard plein d'affection, de curiosité et de retenue. (...)" JPC

La projection sera suivie d'une rencontre avec la cinéaste.
Réservation indispensable !

Cinéma Arenberg / jeudi 20 mai 2004 / 21:30
Galerie de la Reine, 26 - 1000 Bruxelles
Prix : 4,8 (membres Cinédit) et 1,25 Euros (Art 27)
Réservations : 02/538.17.57 (Le P'tit Ciné)

Réalisation Olga Baillif / Image Gil Decamp / Son Marianne Roussy / Montage Michèle Hubinon / Montage Son Luc Plantier / Musique Simon Aeschimann / Production PCT (Suisse), Cobra Films (Belgique)

Liens :
- photos et affiche du film


Culottes courtes et courts métrages...
Les enfants tournent. Documentaire, fiction pour eux quelle différence, c'est leur histoire. Six petits films d'enfants qui apprennent et désapprennent, et qui nous offrent à chaque fois une petite leçon de vie

Le goûter de bébé
de Auguste et Jean-Louis Lumière
France / 1895 / 35mm / 1 minute

Rentrée des classes

de Jacques Rozier
France / 1955 / 35mm / v.o / 23 minutes
À Correns dans le Var, le jour de la rentrée des classes. René n'a pas fait ses devoirs de vacances; il est le seul. Par forfanterie, il jette son cartable par dessus le pont. Le cartable tombe dans la rivière, part dans le courant. Les autres entrent en classe. René part faire l'école buissonnière; puis il revient en classe non sans avoir ménagé une "surprise" à ses petits camarades qu'il juge trop conformistes.
Réalisation Jacques Rozier / Scénario Jacques Rozier, Michèle O'Glor / Image René Mathelin / Montage Jacques Rozier, Michèle David / Musique Darius Milhaud, Arcangelo Corelli / Avec René Boglio, Marius Sumian, Léon Sauve, l'instituteur et les enfants de Correns.

En râchachant

de Danièle Huillet et Jean-Marie Straub
France / 1982 / NB / v.o. / 16 mm / 7'
Un petit garçon têtu et sérieux comme un pape derrière de grosses lunettes de myope réalise le rêve de tous les enfants en âge d'aller à l'école primaire : celui de dire une bonne fois pour toutes "merde" au professeur et à ce qu'il représente.
Réalisation Danièle Huillet et Jean-Marie Straub / Scénario d'après le conte "Ah! Ernesto" de Marguerite Duras (1971) / Image Henri Alekan / Son Louis Hochet / Montage Straub & Huillet / Avec Nadette Thinus, Bernard Thinus, Olivier Straub, Raymond Gérard / Production Straub & Huillet

Les enfants du musée
de Agnès Varda
France / 1966 / NB / v.o. / 16mm / 7'
L'atelier de peinture, de modelage et de sculpture pour les moins de quinze ans, au Musée des Arts Décoratifs de Paris. Pierre Belvès, créateur de l'atelier, anime le travail des enfants.
Réalisation Agnès Varda / Production MAE, Pathé Cinéma dans le cadre de la série "Chroniques de France"

Thursday's children
de Lindsay Anderson & Guy Brenton
Grande-Bretagne / 1957 / NB / v.o.st.bil. / 35mm / 21'
La rééducation des enfants sourds-muets à travers le regard sincère et humain de Lindsay Anderson. La merveille de l'univers enfantin et la captation d'un éveil physique et spirituel pris à ses sources par l'un des chefs de file du Free Cinema.

Herman Slobbe / Blind Kind II
de Johan Van Der Keuken
Pays-Bas / 1966 / NB / !! nl non-st !! / 16mm / 28'
Ce deuxième film de JvdK sur les enfants aveugles se concentre plus particulièrement sur un jeune garçon, Herman Slobbe, qui à l'âge de la puberté, doit se débattre avec son environnement pour se frayer un chemin. Et quand Herman se saisit du micro, il devient le reporter du film.
(Attention le film sera montré en version originale néerlandaise sans sous-titres mais sera accompagnée d'un synopsis en français)
Réalisation JvdK / Montage JvdK & Cor Brand / Son JvdK, Dick Polak, Herman Slobbe / Musique Archie Shepp / Production JvdK, VPRO

Musée du Cinéma / mercr. 26 mai 2004 à 20:15
Rue Baron Horta, 9 - 1000 Bruxelles
Prix : 2 - 1 Euros (avec la carte annuelle)
Réservations au Musée du Cinéma : 02/507.83.70