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::: PROGRAMME DU MOIS :::
- L'expérience documentaire / 2 - Soirée Claire Simon / Claudio Pazienza
- La dynamite de l'atelier / Pour vivre j'ai laissé
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L'EXPERIENCE DOCUMENTAIRE / 2
Soirée Claire Simon / Claudio Pazienza
Cinéma Arenberg - 12 décembre - 19:30-23:30
EDITO
Lors du premier rendez-vous de ce
type en octobre, nous vous avions parlé de notre désir de travailler "l'hypothèse
de la rencontre", de dépasser le concept de séance (film+débat),
et de réunir des films, des cinéastes et le public autour d'une intuition,
d'une oeuvre ou d'une hypothèse. "Réunir, regarder, échanger et espérer
que dans la convivialité, la rencontre ait bien lieu", avions nous écrit. Ce
fut apparemment le cas, si on en juge par le nombre de spectateurs présent
ce soir-là et les différents échos que nous avons reçus. Nous vous en
remercions.
Au delà des films et des rencontres, un aspect de la soirée qui a visiblement
plu est le "bivouac", cette petite restauration à prix très modique
proposée pendant la pause. Nous remettons évidemment le couvert pour
décembre, mais nous vous demandons de bien préciser si vous compter
manger avec nous lors de votre réservation. Histoire de prévoir les bonnes
quantités...
Claire Simon / Claudio Pazienza :
entre mythe et gai savoir...
Pour notre deuxième rendez-vous du
dimanche soir au Cinéma Arenberg, nous
vous proposons une rencontre insolite
entre deux cinéastes et leurs univers particuliers
: Claire Simon et Claudio Pazienza.
Ceux qui connaissent certains de leurs
films se demandent ce qui peut à priori les unir. Ils seront étonnés de voir
à quel point leurs parcours buttent sur des questions similaires. Car ce
sont en effet deux étranges pieds nickelés que nous avons invités là.
Adeptes du gai savoir, infatigables éveillés
au monde, cinéphiles, explorateurs de l'ordinaire,
naviguant entre documentaire et
fiction, leurs cinémas respectifs se croisent
sans cesse. Au fil de la soirée, entre films
et extraits de films, anecdotes et lectures,
nous parcourrons leurs univers, leurs références
et leurs cinémas. Ce sera aussi l'occasion
de découvrir certains films de Claire Simon qui n'ont pas encore
été montrés chez nous... Rendez-vous le dimanche 12 décembre à
l'Arenberg de 19h30 à 23h30. Réservation au 02 538 17 57.
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CINEMA ARENBERG - 12 DECEMBRE 2004 - 19:30-23:30
Claire Simon: "Dans mon travail documentaire,
j'ai essayé de trouver des situations
de fiction, non pas au sens où il y aurait des
acteurs, mais où la référence serait la fiction.
J'ai essayé de filmer des gens qui étaient d'une
certaine manière travaillés par la mythologie
de la fiction. (...) J'ai toujours dit que "Coûte
que coûte" était lié aux films noirs américains,
que "Récréations" c'était pour moi Shakespeare.
"Mimi"est lié à Perec et "800km de
différence" à Eustache ou du Renoir. (...) Je
me souviens une fois, Eliane de Latour m'avait
invitée à un cours des hautes études en
science sociale. Je parlais à des ethnologues
et je voyais bien que la différence entre eux
et moi c'est que moi je pense à Hitchcock,
à Scorsese, ou à Godard quand je tourne. Eux,
ils pensaient en termes de sociologie, d'ethnologie,
etc. Donc forcément ils ne voyaient
pas du tout les personnages dans le même
état d'esprit que moi." extrait de l'entretien publié
dans Les Carnets de Filmer à Tout Prix
et disponible au P'tit Ciné
Claudio Pazienza - "S'il existe une
figure picturale qui pourrait résumer l'oeuvre
de Claudio Pazienza, ce serait celle du trompe-
l'oeil. A première vue, le cinéaste d'origine
italienne établi en Belgique semble multiplier
les expériences, les genres, les approches,
donnant à sa filmographie l'apparence d'une
hétérogénéité liée aux circonstances: fiction
historique (Sottovoce), portrait d'artiste
(Panamarenko, portrait en son absence), essai
autour d'une oeuvre picturale (Tableau avec
chutes), commandes détournées (Esprit de
bière, L'argent raconté aux enfants et à leurs
parents), émissions de télévision (Mic Mac) et
même art vidéo (Oedipus Rex). Chaque film
semble en lui-même se déployer en partant
dans une multitude de directions dont on ne
mesure pas, a priori, ce qui les relie. (...)
Déconstruire, reconstruire, bricoler et redonner
au peuple la parole, non pas pour le
mythifier, mais pour lui attribuer à nouveau
ce que la télévision lui nie quotidiennement:
le droit de penser, le droit de rêver, le droit
d'exister. Tel est le cinéma vu comme une
petite fabrique à mythes (de ceux qui ne leurrent
pas) capable de recréer du lien entre les
hommes et entre les images pour rétablir l'équilibre,
redonner la parole, la mettre en
valeur et redonner du sens au monde sans
nier l'irréparable, l'insurmontable, le mystère
et l'énigme. Tel est le cinéaste vu comme un
tragédien burlesque, petit cousin italo-belge
d'Icare, Don Quichotte et Keaton; figure analogique
crédible de l'être moderne, inachevé,
immature et solitaire.
extraits de Paysage avec cinéaste
de Frédéric Sabouraud, septembre 2003
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