::: JUIN / JUILLET / AOUT / SEPTEMBRE 2004 - ECRAN TOTAL:::

Depuis bientôt huit ans, le P'tit Ciné mène une des rares actions concrètes en faveur du documentaire en Communauté française avec la projection d'une quarantaine de films par an, le plus souvent en présence du cinéaste et accompagnés d'un débat ou d'une animation.
Depuis deux ans, le cinéma Arenberg accueille le P'tit Ciné pour une de nos projections mensuelles. Cette année, vous avez pu y découvrir un bon nombre de films documentaires qui sont pour la plupart sortis en salles en France. C'est le cas d'Histoire d'un secret, Dix-sept ans, No Pasaran, Derrida, De Guerres Lasses, ou le dernier film de Rithy Panh, S-21, la machine de mort khmère rouge.
Vous êtes nombreux à entendre parler de ces films quand ils sortent en France au détour d'un article de Libé, du Monde ou des Inrocks ou d'une interview sur France Inter ou France Culture. Et vous êtes aussi nombreux à nous demander quand ils vont sortir en salles en Belgique. Mais au-delà des projections ponctuelles que nous organisons, ils ne sont malheureusement jamais distribués ici. La Belgique n'est pas la France, ni en termes de "marché culturel" ni en termes de relais dans la presse, d'aide à la diffusion du documentaire en salles ou d'équipement en matériel de projection numérique léger.
Notre vocation a toujours été celle de passeurs plutôt que de distributeurs mais cet été, en collaboration avec l'écran Total et le cinéma Arenberg, nous allons revenir sur quelques-uns des films documentaires marquants de notre programmation de l'année, en leur donnant le temps de vivre sur les écrans.
Ce sera l'occasion de voir ou revoir Dix-sept ans de Didier Nion, d'Histoire d'un secret de Mariana Otero et de S-21, la machine de mort khmère rouge du cinéaste cambodgien Rithy Panh. Et pour ceux qui n'ont pas loupé une seule projection du P'tit Ciné cette anné;e, nous avons deux petites perles inédites : Comizi d'amore de Pier Paolo Pasolini, une succulente enquête sur la sexualité italienne des années soixante et Bright Leaves de Ross McElwee, qui est assurément un des documentaristes américains les plus intéressants du moment....

Programme complet du P'tit Ciné à l'Ecran Total : en PDF +-265kb
Programme complet de l 'Ecran Total : en PDF -Attention +-2.5MB

Toutes les projections ont lieu au CINEMA ARENGERG
(Galerie de la Reine, 26 - 1000 Bruxelles)
woir www.arenberg.be pour plus d'info


S21, LA MACHINE DE MORT KHMERE (10 SEANCES)
de Rithy Pahn
France-Cambodge / 2002 / BetaSP / v.o.st.fr / 101 minutes
Reprise

Au Cambodge, sous les khmers rouges, S21 était le principal bureau de la sécurité». Dans ce centre de détention situé au coeur de Phnom Penh, près de 17.000 prisonniers ont été torturés, interrogés puis exécutés entre 1975 et 1979.
Trois d'entre eux seulement sont encore en vie. Pendant près de trois ans, Rithy Panh et son équipe ont entrepris une longue enquête auprès des rares rescapés, mais aussi auprès de leurs anciens bourreaux. Ils ont convaincu les uns et les autres de revenir sur le ieu même de l'ancien S21, actuellement reconverti en musée du génocide, pour confronter leurs témoignages. Les mots ne suffisent pas pour décrire ce qui s'est passé là. L'implacable minutie de la machinerie du meurtre planifié échappe à l'entendement. Comme si la conscience refusait d'appréhender, et donc de mettre des mots d'aujourd'hui sur l'indicible. Mais il reste les preuves - les photos, les archives, les lieux - qui font ressurgir les mots d'autrefois. Il y a aussi la mémoire enfouie profondément dans les corps, celle des gestes et des routines. qui peuvent surgir de l'inconscient comme dans un cauchemar. La singularité du film réside dans la confrontation de la volonté des rescapés qui veulent comprendre pour transmettre et protéger les générations futures, et la parole des geôliers qui sont comme hébétés de revivre l'horreur à laquelle ils ont contribué. Les choses doivent être dites pour rendre aux victimes leur destin et leur mémoire. Elles doivent l'être aussi pour que la réflexion sur le passé aide à la construction du présent.

Cinéma Arenberg
jeudi 17/6 14h10
dimanche 20/6 16h40
lundi 21/6 21h40
mardi 22/6 19h10
mercredi 23/6 21h40
samedi 26/6 14h10
dimanche 27/6 21h40
mercredi 30/6 14h10
vendredi 2/7 16h40
lundi 5/7 19h10

Réalisation Rithy Panh / Image Prum Mésar & Rithy Panh / Son Sear Vissal / Montage Marie-Christine Rougerie & Isabelle Roudy / Assistants à la réalisation Then Nan Doeun & Roeun Narith / Musique originale Marc Marder / Montage son et mixage Myriam René / Avec Vann Nath, Chum Mey, Him Houy, Prâk Khân, Sours Thi, Nhiem Ein, Khieu Ches dit Poeuv, Tcheam Sêur, Nhieb Ho, Som Meth, Top Pheap, Peng Kry, Mâk Thim / Production Ina-ARTE France

Liens :
- photos : 1 / 2 / 3 / 4 / 5
- Affiche du film
- Dossier de presse (pdf)



HISTOIRE D'UN SECRET (6 SEANCES)
de Mariana Otero
France / 2003 / 35mm / v.o.fr / 95 minutes
Reprise

"Quand j'ai eu quatre ans et demi, ma mère a disparu. Notre famille nous a dit à ma soeur et à moi qu'elle était partie travailler à Paris. Un an et demi plus tard, notre grand-mère nous avouait qu'elle était morte d'une opération de l'appendicite. Par la suite durant notre enfance et notre jeunesse, notre père ne nous parla pas de notre mère, sauf pour nous répéter qu'elle avait été une peintre et une femme extraordinaires. Il avait enfermé ses tableaux dans un placard et rangé les photos dans un tiroir qu'il nous était interdit d'ouvrir. Si j'ai parfois désobéi, je n'ai jamais vraiment manifesté une grande curiosité pour celle qui avait été ma mère et dont je ne reconnaissais même pas le visage sur les photos. Il y a sept ans, quand notre père se décida enfin à nous parler de notre mère, ce fut pour nous révéler les circonstances réelles de son décès. Ce secret que mon père avait porté seul pendant vingtcinq ans l'avait empêché de nous raconter la vie et l'oeuvre de notre mère. En rompant ce tabou, il nous rendait notre mère. Mais ces mensonges successifs avaient effacé de ma mémoire jusqu'au souvenir de sa disparition. J'ai éprouvé alors la nécessité de reconstruire cette histoire et de retrouver celle qui m'avait été doublement arrachée par la mort et par le secret. Elle était peintre, je suis cinéaste. Faute de souvenirs, ce sont ses tableaux qui peuvent avec le cinéma me conduire jusqu'à elle." Mariana Otero

Cinéma Arenberg
samedi 10/7 18h40
lundi 12/7 16h10
mardi 13/7 21h10
jeudi 15/7 18h40
dimanche 18/7 21h10
lundi 19/7 13h40

Réalisation Mariana Otero/ Image Hélène Louvart / Son Patrick Genet / Montage Nelly Quettier / Musique Michael Galasso / Production Archipel35

Liens :
- photos : 1


DIX-SEPT ANS (6 SEANCES)
de Didier Nion
France / 2003 / 35mm / v.o.fr / 83 minutes
Reprise

"Un objet comme ça, on n'en croise pas souvent dans une vie de critique. Dix-sept ans est un documentaire tout simple et très carré qui trouve sa place dans notre imaginaire aux côtés de mythologiques fictions : celles des tout premiers Truffaut, celles des derniers Rossellini ou celles des actuels Dardenne. De ses premiers récits (il a alors 13-14 ans) à sa première voiture, Jean-Benoît nous accroche ferme à son sillage buté, et parfois contre son gré : une part de la magie du film tient dans le rapport sinon agressif du moins souvent tendu entre celui qui tient la caméra et son modèle. La fermeté du premier et la nature récalcitrante du second, qu'elles soient tacites ou explicites, forment hors champ un ping-pong aussi poignant que savoureux."Olivier Séguret, Libération

"Jean-Benoît est fou de joie. Il vient d'être accepté dans un garage comme apprenti mécanicien, le métier dont il a toujours rêvé. Il a deux ans pour obtenir son diplôme. Deux ans pour dompter la révolte pulsionnelle qui l'habite, dépasser son aversion pour l'autorité et échapper à "une vie de merde" qu'il connaît trop bien. Deux ans durant lesquels Didier Nion l'a accompagné, patiemment, pour qu'ils fassent ensemble ce très beau film initiatique. Progressivement, il gagne sa place dans la vie privée de son héros, dans l'univers qu'il s'est construit avec la formidable Héléna, adolescente d'une maturité inouïe qui tient à la fois le rôle d'amoureuse, d'ange gardien et de mère. Dix-sept ans aurait pu être une tragédie. C'est un film sur le miracle de l'amour." Isabelle Regnier, Le Monde

De 17-jarige Jean-Benoît heeft een droom die hem al sinds zijn kindertijd bezighoudt: een in vrachtwagens gespecialiseerd mechanicus worden. Maar alvorens het zo ver komt, moet hij er eerst voor zorgen dat het opnieuw rustig wordt in zijn kop, want het voortdurend gekibbel met zijn moeder, de zelfmoord van zijn vader en het leven in een foyer heeft voor stevige littekens gezorgd ("J'ai le mal au fond de moi"). Het magnifieke Dix-sept ans is een intens ducumentair verslag over het leven van deze arme adolescent uit de buurt van Rouen. Gedurende twee jaar volgde regisseur Didier Nion, zelf een gewezen houtbewerker, het doen en laten van Jean-Benoît. Hij stelde zich daarbij als een soort substituutvader op, omdat hij een vergelijkbaar parcours achter de rug heeft. Het is juist die relatie die dit portret over een adolescent, gevangen tussen revolte en bewustwording, zo speciaal maakt. L.J.

Cinéma Arenberg
mercredi 21/7 16h40
samedi 24/7 21h40
lundi 26/7 14h10
mercredi 28/7 16h30
vendredi 30/7 19h00
dimanche 1/8 21h30

Réalisation et image Didier Nion / Son Pascale Mons / Montage Catherine Zins / Montage Son et mixage Jean Mallet / Production Mille et un films

La bande annonce en format MPEG (ici)
Attention ADSL/Lage Bande uniquement (poids du fichier 10MB !!)



BRIGHT LEAVES (LA SPLENDEUR DES MC ELWEE) (6 SEANCES)
de Ross McElwee
Etats-Unis / 2003 / 35mm / v.o.st-fr / 107 minutes
Inédit

"Vétéran américain du documentaire (Six O'Clock News, Sherman's March, etc.) qu'il arpente depuis la fin des années soixante-dix, Ross McElwee a pour particularité d'associer régulièrement petite et grande histoires, celle de son entourage et de son pays fusionnant dans des récits intimes et éloquents, construits avec habileté. De ce point de vue, Bright Leaves fait un peu figure d'aboutissement, ou de point de non-retour : réalisé, écrit, commenté, monté et produit par Ross McElwee, le film mélange passé et présent, comme fiction d'emprunt et réalité, ou introspection et grand déballage, pour remonter la piste d'une saga familiale tourmentée, selon laquelle l'arrière grand-père du réalisateur aurait été un riche propriétaire de plantations de tabac, floué par un concurrent déloyal. Résultat, le premier finit dans l'anonymat, quand le second allait devenir un puissant industriel, respecté et admiré dans toute l'Amérique. La preuve ? Bright Leaves, un mélo tourné en 1950 par Michael Curtiz qui, par Gary Cooper et Patricia Neal interposés, évoquerait la destinée à la fois tragique et romanesque de sa famille. Ross McElwee, guidé par un sens de l'autodérision proche de Woody Allen, étale ses incertitudes avec une complaisance n'ayant d'égale que la subtilité salutaire qui les véhicule. Oscillant sans cesse entre fierté et amertume, il ausculte aussi, au passage, une Amérique profonde, sa Caroline du Nord natale, sur laquelle il porte un regard affectueux qui passe parfois, là encore, par l'ironie." Gilles Renault, Libération

"Bright Leaves laat zich nog het best omschrijven als een 'historische roman in uitvoering'. Dit vorig jaar in Cannes warm onthaalde document van de door Frederik Wiseman en D.A. Pennebaker beïnvloede documentaire filmmaker Ross McElwee, begint met de zoektocht van Elwee naar zijn overgrootvader, een geruïneerde tabaksbaron, een figuur waarop Gary Cooper zich inspireerde voor zijn rol in Bright Leaf, een door Michael Curtiz gerealiseerde Hollywood-melodrama. In de loop van McElwee's onderzoek naar zijn eigen roots, wordt het echter duidelijk dat hij met een enorm schuldgevoel zit, omwille van de rol die zijn familie in het populariseren van de kankerstokjes gespeeld heeft, terwijl hij eigenlijk ook ergens treurt om het verdwenen familiefortuin. Bright Leaves mengt de intimistische sfeer van home-movies met sociale satire en de reflectieve kant van een historisch essay. "Een intelligente en vaak hilarische film", dixit The New York Times." L.J.

Cinéma Arenberg
samedi 7/8 14h10
lundi 9/8 16h40
mardi 10/8 19h10
jeudi 12/8 21h40
vendredi 13/8 14h10
samedi 14/8 19h10

Réalisation, scénario, commentaire et image Ross McElwee / Montage Ross McElwee and Mark Meatto / Production Ross McElwee, Homemade Films

COMIZI D'AMORE (10 SEANCES)
de Pier Paolo Pasolini
Italie / 1963-65 / 35mm / v.o.st-fr / 90 minutes
Inédit

"Micro à la main, Pasolini interroge les Italiens sur leur sexualité : d'où viennent les bébés ? De la cigogne, d'une fleur du bon dieu, de l'oncle de Calabre. Les femmes se sentent-elles les égales des hommes ? La virginité est-elle importante ? Pasolini se définit ici comme un "commisvoyageur" qui parcourt l'Italie, du Sud au Nord, pour sonder les idées et les mots des Italiens sur la sexualité et démonter la culture "petite bourgeoise" des années soixante. Le problème est abordé en quatre grandes parties : l'éducation sexuelle, l'homosexualité, le divorce, la prostitution. Alberto Moravia et Cesare Musatti donnent leur point de vue de penseurs progressistes sur les questions abordées. Avec la malice clairvoyante qu'on lui connaît, Pasolini se montre ici en direct tel qu'en lui-même : subtil, provocateur, débusqueur de contradictions et un brin cabotin. Et loin de prétendre à une quelconque "objectivité", il ne se cache d'aucune appréciation sur ce que révèlent avec une affligeante unité la plupart des opinions émises."

"Pier Paolo Pasolini reisde door het land en registreerde hoe Italië (in 1965) over seks dacht. Hij vraagt kinderen waar baby's vandaan komen en mannen of voor hen maagdelijkheid een must is. Hij vraagt vrouwen hoe ze tegenover scheiding staan. Zelf homoseksueel, krijgt hij ook een aantal denigrerende opmerkingen over homoseksuelen te verteren. De documentaire Comizi d'Amore, waarin een iets andere maar daarom niet minder boeiende Pasolini voor het voetlicht treedt, maakt duidelijk hoe verschillend er in het land over seks wordt gedacht en, meer algemeen, hoe mensen maar met veel moeite hun schaamte kunnen overwinnen als het over zulk een onderwerp gaat (het maakt ook duidelijk dat er qua seksuele opvoeding nog flink wat werk aan de winkel was). Pasolini vroeg ook de opinie van enkele bekende Italianen. Dichter Giuseppe Ungaretti en journaliste Oriana Fallaci, ondermeer." M.V.

Cinéma Arenberg
mercredi 25/8 18h40
vendredi 27/8 16h10
dimanche 29/8 21h10
mardi 31/8 13h40
mercredi 1/9 19h10
lundi 6/9 16h40
mercredi 8/9 19h10
jeudi 9/9 21h40
vendredi 10/9 14h10
dimanche 12/9 16h40

Réalisation, entretien et commentaire Pier Paolo Pasolini / Image Mario Bernardo, Tonino Delli Colli / Son O. De Archangelis, C. Ramuno / Montage Nino Baragli / Production Arco Films